Solaire en maison : consommer sa production sans injection au réseau EDF


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ToggleVous souhaitez produire votre propre électricité solaire chez vous et la consommer intégralement, en priorité à partir du solaire, sans reverser de surplus au réseau EDF ?
C’est un projet tout à fait réalisable. En maison individuelle, vous disposez d’une grande flexibilité grâce à une surface disponible plus importante et à une puissance installable plus élevée.
Le principe de fonctionnement est simple : l’électricité produite par vos panneaux solaires alimente en priorité votre habitation.
Lorsque la production solaire est insuffisante ou inexistante (nuit, mauvais temps, forte consommation), une bascule automatique et instantanée vers l’électricité du réseau EDF s’effectue, sans coupure et sans intervention de votre part. Le réseau public joue ainsi le rôle de source de secours, tout en empêchant toute réinjection de surplus.
Cet article vous explique, pas à pas, tout ce qu’il faut savoir :
Les notions de base sur le solaire, la consommation d’électricité et le principe de priorité à l’énergie solaire.
Comment calculer précisément votre consommation électrique.
Comment dimensionner votre installation solaire (nombre de panneaux, capacité de la batterie).
Les composants nécessaires à une installation efficace assurant la priorité solaire et la bascule automatique vers le réseau.
Les modifications à apporter à votre installation électrique domestique.
Les obligations légales à respecter pour une installation sans injection.
Quelques références de produits adaptés à ce type de configuration.
Une installation solaire convertit la lumière du soleil en électricité grâce à des panneaux photovoltaïques.
Cette électricité est produite en courant continu (CC). Un onduleur transforme ce courant en courant alternatif (CA), utilisable par vos appareils électriques domestiques.
En autoconsommation sans injection :
Vous utilisez en priorité l’électricité solaire produite.
Si vous produisez plus que vous ne consommez, le surplus n’est pas envoyé au réseau EDF (interdit sans contrat spécifique).
Pour éviter les pertes, une batterie peut stocker l’énergie pour une utilisation ultérieure (ex : la nuit).
C’est indispensable pour savoir combien produire et combien stocker.
Cela permet de choisir le nombre de panneaux et la capacité de batterie.
Chaque appareil consomme une quantité d’énergie exprimée en Wh ou kWh.
1 kWh = 1000 Wh
Exemple : un appareil de 100 W fonctionnant 10 h consomme :100 W × 10 h = 1000 Wh = 1 kWh
Exemple maison individuelle :
| Appareil | Puissance (W) | Durée (h/jour) | Conso (Wh/jour) |
|---|---|---|---|
| Frigo | 100 | 24 (intermittent) | ~240 |
| Box internet | 10 | 24 | 240 |
| TV | 150 | 3 | 450 |
| Lumières LED | 100 | 4 | 400 |
| Plaque cuisson | 2000 | 0,5 | 1000 |
| Lave-linge | 2000 | 0,5 | 1000 |
| Pompe piscine (été) | 500 | 6 | 3000 |
Total été avec piscine : 6330 Wh ≈ 6,33 kWh/jour
Total hiver sans piscine : 3330 Wh ≈ 3,33 kWh/jour
Les heures de pic solaire (HSP) correspondent à un indicateur utilisé en solaire pour estimer la production potentielle d’un panneau photovoltaïque sur une journée.
Elles représentent le nombre d’heures pendant lesquelles le soleil délivrerait l’irradiance maximale théorique de 1000 W/m² (conditions standards de mesure, dites STC).
En réalité, le soleil ne donne pas cette puissance constante toute la journée : le matin et le soir, la lumière est moins intense. On ramène donc la production réelle sur la journée à un équivalent en « heures de plein soleil ».
Les HSP dépendent :
De votre localisation géographique (Nord, Sud, altitude, latitude)
De la saison (forte variation entre hiver et été)
De l’orientation et inclinaison de vos panneaux
De la météo moyenne (nuages, brouillard)
| Région | HSP hiver (déc-janv) | HSP été (juin-juil) | Moyenne annuelle |
|---|---|---|---|
| Nord (Lille) | 1,5 à 2 h | 5,5 à 6,5 h | 3,5 à 4 h |
| Centre (Paris) | 1,5 à 2 h | 6 à 7 h | 3,8 à 4,2 h |
| Sud (Nice) | 2 à 2,5 h | 7 à 7,5 h | 4,5 à 5 h |
Formule :
Production journalière (Wh) = Puissance panneau (Wc) × HSP
Exemple en maison individuelle, Paris :
Panneau : 400 Wc
HSP hiver : 2 h
Production journalière hiver : 400 × 2 = 800 Wh (0,8 kWh/jour)
HSP été : 6,5 h
Production journalière été : 400 × 6,5 = 2600 Wh (2,6 kWh/jour)
En été, la production est bien supérieure à la consommation pour un même nombre de panneaux.
En hiver, la production chute fortement (jusqu’à 4 fois moins qu’en été).
Le dimensionnement doit se faire sur la période la moins ensoleillée si on veut garder une autonomie stable toute l’année.
En maison individuelle, il est souvent judicieux de profiter de la toiture pour augmenter légèrement la puissance installée par rapport à vos besoins moyens, afin de compenser les faibles HSP d’hiver.
En hiver (Nord) : 300 × 2 h = 600 Wh/jour
En été : 300 × 6 h = 1800 Wh/jour
Pour 3,33 kWh/jour en hiver :
1 panneau = 0,6 kWh/jour
Besoin brut : 3,33 / 0,6 ≈ 6 panneaux
Avec pertes 20 % → 7 à 8 panneaux 300 Wc
Pour couvrir aussi les besoins d’été avec piscine → prévoir 12 à 14 panneaux.
Capacité batterie (Wh) = conso nocturne / profondeur de décharge (DoD)
Conso nocturne estimée : 1,5 kWh
Batterie lithium, DoD = 80 % →1,5 kWh / 0,8 = 1,875 kWh
Pour 2 jours d’autonomie → ~4 kWh
Panneaux photovoltaïques : ex. 8 à 14 × 300 Wc monocristallins
Onduleur hybride : gère DC → AC, batterie, anti-injection
Batterie lithium : 48 V, capacité selon calcul
Câblage solaire : câble 4-6 mm², connecteurs MC4
Supports toiture ou au sol : rails, crochets
Protections électriques : disjoncteurs, parafoudre
Interrupteur sectionneur : isolement sécurité
Disjoncteur dédié pour circuit solaire
Raccordement sortie onduleur → tableau électrique
Mise à la terre complète
Parafoudre (recommandé en zone orageuse)
Vérification par électricien qualifié
En maison individuelle, vous pouvez aller au-delà de 3 kWc, mais :
≤ 3 kWc : déclaration mairie + convention autoconsommation sans injection Enedis
> 3 kWc : mêmes démarches, mais attention aux contraintes réseau et abonnement
Obligations :
Respect norme NF C15-100
Déclaration préalable mairie
Si toiture visible : respecter règles d’urbanisme
Respect distances sécurité incendie
Panneaux : Q.Cells Q.Peak Duo BLK, Renogy 300 W
Onduleurs hybrides : Victron Multiplus 48/3000, SMA Sunny Boy 5.0, Huawei SUN2000
Batteries lithium : Pylontech US3000C, BYD Battery-Box Premium LVS
Supports toiture : K2 Systems, Renusol
Protections : Schneider Acti9, Phoenix Contact
Panneaux : toiture (orientation sud idéalement, inclinaison 30-35°) ou au sol sur support
Onduleur hybride : intérieur sec, proche tableau
Batterie : intérieur ventilé, proche onduleur
Protections : dans tableau principal ou coffret dédié
Câbles DC : protégés en gaines, passage toiture → intérieur via traversée étanche
Mesure consommation instantanée
Ajustement production panneaux en temps réel
Limitation puissance (« zéro injection »)
Utilisation compteur bidirectionnel ou capteur de courant dédié
En maison individuelle, l’autoconsommation solaire sans injection est plus flexible qu’en appartement :
Surface disponible plus importante
Possibilité d’installer plus de panneaux et batteries
Autonomie énergétique accrue
Avec un bon dimensionnement, vous pouvez couvrir une grande partie de vos besoins, réduire votre facture et contribuer à la transition énergétique.
